Le complice présumé de Justin Bourque dit avoir agi en état de légitime défense
Le complice présumé de Justin Bourque a témoigné jeudi en Cour provinciale à Miramichi lors de leur procès pour voies de fait graves. Il a reconnu avoir poignardé la victime, mais il a assuré avoir agi en état de légitime défense après avoir reçu des menaces. Justin Bourque et Christian Clyke sont accusés d’avoir agressé un autre codétenu, Chase Spence, en mai 2022, au pénitencier à sécurité maximale de Renous. Ils ont plaidé non coupables. Lors du premier jour de leur procès, mercredi, la Couronne a présenté des vidéos de surveillance ainsi que le témoignage de plusieurs agents correctionnels. Une pause a ensuite été décrétée en fin de journée pour donner le temps aux deux coaccusés de décider s’ils souhaitaient témoigner. Jeudi matin, l’avocat de Justin Bourque a expliqué à la juge que son client avait choisi de ne pas le faire. Christian Clyke – qui se représente lui-même – a pour sa part saisi l’occasion de donner sa version des faits à la juge. L'Établissement de l’Atlantique, un pénitencier fédéral situé à Renous, au Nouveau-Brunswick. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan Christian Clyke a commencé par dire à la juge qu’il a agi en état de légitime défense et qu’il a les cicatrices pour le prouver. Il a raconté à la juge que la veille de l’incident, vers 20 h, il avait reçu un Il a expliqué qu’il s’agit du terme utilisé par les prisonniers pour décrire une note écrite à la main, transmise entre deux unités sous une porte ou entre les barreaux. Selon lui, la note en question provenait de Chase Spence, qui avisait les détenus de l’unité 2C qu’il allait bientôt se joindre à eux. Il a dit avoir fait circuler la note dans l’unité pour que les autres codétenus sachent à quoi s’attendre. L'incident du 3 mai 2022 s'est produit à l'Établissement de l'Atlantique, un pénitencier à sécurité maximale situé à Renous. (Archives) Photo : CBC Lorsque la juge et le procureur de la Couronne lui ont demandé pourquoi il n’a pas alerté les agents correctionnels, il a expliqué que ce n’est tout simplement pas comme ça que les choses se passent en prison. Pendant que Christian Clyke parlait de la loi du silence qui règne en prison, Justin Bourque hochait de la tête, vraisemblablement pour marquer son approbation. Lors de son témoignage, Christian Clyke a expliqué que Chase Spence a donné le premier coup à Justin Bourque. Selon lui, il a tenté de le blesser au cou avec ce qui semblait être une lame de rasoir montée sur un peigne. Il a expliqué que Chase Spence a aussi tenté de le blesser avant de s’enfuir. Il l’a pourchassé et a tenté de lui soutirer son arme. Il a reconnu qu’il a poignardé la victime avec un couteau artisanal pendant cet affrontement. Justin Bourque lors d'une comparution précédente. Photo : Andrew Robson Christian Clyke a dit qu’il ne se souvient pas si Justin Bourque avait lui aussi une arme ni s’il avait poignardé la victime. Les vidéos de surveillance montrent toutefois que Justin Bourque avait bel et bien un couteau de fabrication artisanale. Lorsque le procureur de la Couronne a eu l’occasion de contre-interroger Christian Clyke, il a passé sa version des faits au tordeur. Jean-Guy Savoie a mis en lumière plusieurs incohérences avec l’aide des vidéos de surveillance. Le procès de Justin Bourque et de Christian Clyke a lieu au palais de justice de Miramichi. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue Lors des arguments finaux, Christian Clyke a réitéré qu’il a agi en état de légitime défense. Quant à l’avocat de Justin Bourque, Simon Wood, il a argumenté que la Couronne n’a pas démontré hors de tout doute raisonnable que son client est coupable. Il a rappelé que Chase Spence a bel et bien donné le premier coup à son client. Le procureur de la Couronne a pour sa part tenté de convaincre la juge qu’il s’agit d’un cas de voies de fait graves et que les deux coaccusés ont agi de façon tout à fait disproportionnée en poignardant la victime à plusieurs reprises. La juge Johanne-Marguerite Landry a indiqué qu’elle rendra sa décision le 10 septembre.Un
kite
menaçant envoyé la veille par la victime
On peut clairement voir dans la vidéo que… que j’ai été agressé
, a-t-il dit, ajoutant qu’il a été coupé et poignardé quatre fois aux bras lors de l’agression.kite
(un cerf-volant) en provenance de l’unité 2A.Il a dit que lorsqu’il allait venir [à l’unité 2C], il allait s’en prendre à la première personne qu’il allait voir. Ça voulait pas mal dire qu’il allait attaquer quelqu’un
, a témoigné Christian Clyke.Quand tu reçois un cerf-volant comme ça, ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle.

Je ne pouvais pas faire ça [...]. Si j’avais fait ça, j'aurais eu une cible dans le dos. Quand tu demeures dans le max [NDLR : un pénitencier à sécurité maximale], les gens ont des règles, il y a une lutte politique.
Christian Clyke reconnaît avoir poignardé la victime

Verdict le 10 septembre

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